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Défi au Refuge Albert 1er

Refuge Albert 1er
 

9 août 1986. 22 h 30. Sur une petite route de campagne dijonnaise,  Jean François Renaud, comptable à l'entreprise industrielle, est victime d'un grave accident de la route.
Le pronostic vital est réservé. Quadriplégie et cervelet atteint entraînant une perte d'équilibre. « S'il s'en sort, ce sera un végétal... » lâche un chirurgien interrogé par un médecin, ami de Jean Francois Renaud.
C'est pour faire mentir cet homme et pour tous ceux qui l'ont soutenu, accompagné, durant de longs mois de rééducation que Jean Francois Renaud se lance régulièrement des défis.
Le dernier: rejoindre, à pied, le refuge Albert 1er depuis le col de Balme, à 2706 mètres d'altitude, avec un dénivelé d'environ 750 mètres. « C'est le troisième défi, après mon voyage en Égypte et en Thaïlande. Je voulais prouver aux autres que je pouvais le faire. Le pari est réussi !
Je veux aussi montrer à tous ceux qui ont un handicap qui il y a toujours une porte de salut entrouverte » explique Jean Francois Renaud, aujourd'hui reconnu grand invalide civil à 80 %.
Touchés par son histoire personnelle et sa volonté forcenée de vivre debout, plusieurs personnes ont souhaité l’aider à trouver les financements nécessaires à la réalisation de son projet.
Le budget a été bouclé juste avant son départ : 1900 euros constitués par les sommes versées par le club Soroptimist de Dijon, INEO Réseaux Est, INEO Infracom et INEO et qui ont servi à l’achat de matériel de randonnée et à rémunérer Régis et Jean Philippe, les guides de haute montagne, qui ont
accompagnés Jean François Renaud. Bravo !

Départ au Tour Sur le sentier
 

 Départ au Tour avec Régis le directeur des guides. Pause devant la moraine du glacier du Tour.

Après 11 mois d'entraînement, le 03/09/2006, je prenais le train direction mon défi, Chamonix. Je l'avais tant souhaité, qu'il faille maintenant le réaliser, aller peut-être au bout de mes forces. Mais, je n'étais pas seul dans cette aventure, mes guides, Régis
(Directeur) et Jean-Philippe (accompagnateur en montagne), ma planche de salut était là. Plusieurs fois j'ai failli renoncer au défi que je m'étais lancé. Mais une force intérieure me poussait, j'entendais une voix qui me disait vas-y, courage, montre à tous ceux qui ne croient pas en toi que tu es quelqu'un comme les autres. Quelqu'un qui marche avec des cannes. Mais  surtout, ne pas décevoir mes sponsors! Que je remercie. Je m'étais investi, il fallait y arriver! Le mardi 05/09, nous sommes partis à 09h30 en voiture vers "Le Tour", avons pris la cabine à 10h45 seulement (cause de panne), puis le télésiège jusqu'au col de Balme et nous avons entamé la montée qui a duré 05h15. Un sentier agréable, (pente à 7/8 %) mais par endroits 25 % et avec des cailloux et des rochers, nous a conduit jusqu'au refuge où nous sommes arrivés à 16h00.

Pause devant la moraine Sur le sentier

Pause devant le glacier du Tour avec Jean-Philippe mon accompagnateur.

A 500 mètres du refuge, "du but", j'ai failli arrêter, abandonner. Les jambes me faisaient mal. Mais "tenaillé" par la faim, j'atteignis enfin l'objectif.
J'étais monté à 2706 m, j'avais gagné le challenge que je m'étais imposé, j'avais vaincu mon handicap. J'avais mal aux jambes, mais tous les touristes présents au refuge(112) saluèrent mon exploit. Le patron du refuge m'a alors apporté son téléphone. C'était un client de l'hôtel qui me félicitait et m'assurait également que tout l'hôtel me complimentait. Les guides se concertèrent et se mirent d'accord, un seul suffisait pour la descente. Après une nuit "épouvantable"! Au refuge, mercredi 06/09 à 08h15 nous avons entamé la descente. A mi-chemin; nous nous sommes trouvés face à un mur de rochers à gravir (le dénivelé représentant environ 1 étage). Nous commencions la montée quand 2 randonneurs canadiens proposèrent leur aide.

Arrivée au refuge Passage trés difficile

Arrivée au refuge Albert 1er épuisé mais heureux d'avoir pu relever le défi

A 12h15, nous prenions le télésiège, puis la cabine direction Le Tour, puis l'hôtel où tout le monde m'attendait avec impatience. J'avais gagné, gagné le défi que je m'étais imposé et j'en étais FIER. J'avais vaincu mon handicap. Encore merci

© Photos Régis Martinez (guide) et Jean-Philippe Muller composition J-F RENAUD

refuge albert 1er

Refuge du Tour